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Saignements au cours du 1er trimestre de la grossesse

Une grossesse est souvent une source de joie et de bonheur pour la femme, pour le couple et pour la famille. Mais ce bonheur peut être remplacé par une anxiété lorsque surviennent des complications notamment les saignements encore appelés hémorragies au cours de la grossesse.

Il en existe 3 types selon le terme de survenue des hémorragies :

  • Les hémorragies du 1er trimestre
  • Les hémorragies du 2ème trimestre
  • Les hémorragies du 3ème trimestre

Nous avons choisie de vous parler des hémorragies du 1er trimestre de la grossesse.

Au début de la grossesse, pendant la phase de l’implantation de l’œuf (nidation),  la muqueuse utérine mature est prête à accueillir l’œuf. Après l’implantation de ce dernier, cette muqueuse ne peut plus subir les mécanismes qui concourent à la survenue des règles. Il est donc impossible d’avoir ses règles lorsqu’on est enceinte. Mais il arrive des fois que l’on saigne pendant les trois premiers mois de la grossesse. Il s’agit dans ce cas d’une grossesse pathologique. Toutefois avant de parler d’hémorragies du 1er trimestre il faut éliminer les hémorragies des aménorrhées non gravidiques c’est-à-dire des hémorragies dans un contexte de retard de règle non en rapport avec une grossesse.

Ainsi donc, devant des saignements chez une femme enceinte au 1er trimestre (jusqu’à 15SA), il faut penser à :

  • Une grossesse extra-utérine (GEU)

Elle est définie comme la localisation ectopique de l’œuf. L’œuf se localise normalement dans la cavité utérine, mais dans le cas d’une GEU, il peut se localiser dans l’une des trompes, dans l’un des ovaires, au niveau du col de l’utérus et plus rarement dans la cavité abdominale sur les intestins. Mais dans la plupart des cas, la localisation se fait au niveau de la trompe. Elle se manifeste par une douleur au bas ventre associée à des saignements noirâtres peu abondants appelés pertes Sépia. La GEU peut être due aux infections génitales répétées notamment la salpingite (infection des trompes), le tabagisme, la chirurgie des trompes et de l’abdomen et très rarement dans la fécondation in vitro. Le risque principal de cette grossesse est sa rupture qui entraîne un saignement important dans la cavité abdominale ce qui peut mettre en danger la vie de la patiente. Son diagnostic et sa prise en charge doivent être précoce. La GEU présente également un risque de récidive de 15% et de stérilité de 25%.

  • Un avortement spontané

Il s’agit de l’expulsion d’un produit de conception hors des voies génitales de la femme sans une intervention extérieure à expulser l’embryon. Il est dit précoce lorsqu’il survient dans les deux premiers mois de la grossesse. Outre les hémorragies génitales, il se manifeste par des douleurs au bas ventre avec parfois des débris de l’œuf dans les saignements. Les avortements spontanés posent le problème de leur cause. Ces avortements peuvent être dus à une anomalie de l’œuf, une anomalie chez la mère, une anomalie chez le père.

  • Un avortement provoqué

Contrairement à l’avortement spontané il est dû à une manœuvre volontaire qui vise à expulser l’embryon. Une cause importante des hémorragies du 1er trimestre est l’avortement provoqué. L’hémorragie dans ce cas est une complication de l’avortement. Elle est due au traumatisme de l’appareil génital de la femme et aux avortements incomplets (débris de l’œuf restant dans la cavité utérine).

  • Môle hydatiforme

Il s’agit d’une grossesse anormale dans laquelle les cellules qui doivent normalement donner le placenta vont dégénérer pour donner de petits kystes sous formes de grappes de raisin. C’est une grossesse anormale qui non ou mal pris en charge peut évoluer vers un cancer particulier appelé chorio-carcinome.

Toutefois, devant une femme qui saigne au premier trimestre de la grossesse, le gynécologue élimine toujours une cause locale de saignements telle qu’une inflammation du col de l’utérus ou un cancer du col de l’utérus.

Compte tenu du caractère multiple et variable de leurs causes, les hémorragies au cours du 1er trimestre de la grossesse imposent une consultation chez le spécialiste qui fera la part des choses et instituer un traitement pour améliorer le pronostic vital de la mère et de la grossesse. Dans ce cadre, il importe de retenir d’une grossesse normale ne saigne pas.

Dr Vanessa-Marie HESSOU

Médecin Généraliste
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