Nutrition

L’iode, minéral essentiel pour notre organisme

Les minéraux jouent un rôle biologique dans l’organisme. Ils représentent un maillon essentiel au bon fonctionnement de notre organisme. Au nombre de ces minéraux, on distingue les oligo-éléments dont les plus connus sont: le fer, le zinc, l’iode, le cuivre… Intéressons-nous à l’un deux : l’iode. Qu’est-ce que c’est ?

 

Description et sources de l’iode

L’iode est un micronutriment contenu en faible quantité dans l’organisme mais indispensable à son bon fonctionnement, du fait de son rôle dans l’élaboration des hormones thyroïdiennes. Son  apport est essentiellement alimentaire.  Il s’inscrit ainsi dans la catégorie des oligo-éléments essentiels.

Les aliments contenant naturellement de l’iode sont surtout les produits de la mer comme les fruits de mer, les poissons de mer et certaines algues (en particulier les algues brunes). Viennent ensuite le lait et  produits laitiers (surtout les fromages), les œufs, les produits de terre (si le sol est riche en iode). Toutefois, il est à noter que la teneur en iode des aliments varie selon les régions et les saisons.

aliments riche en iode

Quel est le rôle de l’iode dans l’organisme?

L‘iode est essentiel au bon déroulement de plusieurs processus physiologiques de l’organisme. Il intervient notamment dans la synthèse des hormones thyroïdiennes; celles-ci étant extrêmement importantes.

Durant les premiers mois de vie, les hormones thyroïdiennes contrôlent les processus de croissance et de maturation cellulaire surtout au niveau du système nerveux central. Elles sont également indispensables à la croissance générale des tissus osseux et musculaires. D’une manière générale, tout au long de notre vie, elles jouent un rôle important dans l’ensemble des fonctions endocrines du corps comme : la thermorégulation, le système neuromusculaire, le système cardio-circulatoire, les fonctions respiratoires, rénales et digestives et bien d’autres que nous ne citons pas. Elles participent aussi au métabolisme basal et au métabolisme des glucides, lipides et protéines.

Carence et toxicité : quels sont les signes ?

La carence en iode est essentiellement d’origine alimentaire et constitue un véritable problème de santé publique. Sur le plan mondial, on estime à plus de 2,2 milliards le nombre de personnes concernées soit 38 % de la population. Les classes les plus critiques sont les femmes enceintes et les jeunes enfants.

Une carence sévère en iode peut toucher indirectement l’ensemble de l’organisme via le dysfonctionnement de la thyroïde. Les manifestations les plus fréquentes sont le goitre et le crétinisme. Chez les enfants cette carence serait à l’origine du retard de croissance globale et, du retard mental. Elle peut réduire jusqu’à 13,5 points  le quotient intellectuel(QI) de l’être humain, ce qui entraine des difficultés d’apprentissages et de faibles capacités de travail avec un impact négatif sur l’éducation et à terme sur la productivité. La carence en iode peut également entrainer : une hypothyroïdie congénitale ou non, des avortements spontanés, de petits poids de naissance, la diminution de la fertilité, des accouchements prématurés, la mortalité périnatale et infantile élevée, des infirmités congénitales diverses (surdi-mutité, paralysie des membres).

Dans le cas d’une toxicité, on est plus en presence d’une hyperthyroïdie et le risque de cancer de la thyroïde.

Afin de réduire l’incidence des troubles liés à la carence en iode (TDCI), il a été organisé à grande échelle des programmes de supplémentation de l’alimentation en iode ; notamment l’iodation universelle du sel de façon à prévenir déficit ou carence, surtout chez les petits consommateurs de poissons et fruits de mer. Le Bénin n’est pas resté en marge de ces programmes.

 

 

Le sel, vecteur privilégié de l’iode 

Le sel est un vecteur privilégié  de l’iode. Il est en effet, l’une des denrées alimentaires consommées quotidiennement, largement disponible et accessible, constant et régulier. Il prévient également la surconsommation (son niveau d’iodation étant strictement réglementé).

Pourquoi aurait-il besoin d’être supplémenté ? Tout simplement parce que la plupart des sels, y compris le sel marin, ne contient de l’iode naturellement qu’à l’état de traces. C’est le cas du sel de Djègbadji à Ouidah qui en contient de faibles quantités. C’est ce qu’a prouvé de récentes études qui ont permis de lever le voile sur la croyance selon laquelle, le sel produit à Djègbadji serait convenablement iodé.

 

Quelle est la meilleure méthode de conservation de l’iode?

La conservation optimale de l’iode est assurée par le stockage du sel iodé à l’abri de la lumière et en contenant fermé, de même qu’une granulométrie fine (c’est-à-dire que plus le sel est fin, plus l’iode y est mieux conservé).

En terme de contenant fermé, il a été démontré que les contenants en verre étaient ceux qui conservaient le mieux l’iode ; viennent ensuite ceux en plastiques. Les sachets seraient à éviter.

N’oubliez pas : il est important de faire attention aux conditions de conservation du sel lors de tout achat. Gardez également à l’esprit que l’apport isolé de sel iodé dans votre alimentation n’est pas suffisant (attention aux méfaits des excès de sel déjà discutés dans cette rubrique santé). Seules de bonnes habitudes alimentaires (saines et équilibrées) vous permettront de couvrir vos besoins en iode mais aussi et surtout de maintenir un état de santé optimal.

 

Vanina POFAGI/Nutritionniste-Diététiste
Tags : iodeoligo-élémentsselsel iodé
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