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L’arthrose du genou (Gonarthrose)

Un genou douloureux, comme s’il était rouillé, une jambe qui se courbe vers l’intérieur ou vers l’extérieur, une raideur dans l’articulation… C’est peut-être de l’arthrose, pouvant entrainer des difficultés pour marcher, monter les escaliers ou tout simplement se baisser… L’arthrose n’est pas une fatalité. C’est une vraie maladie, qui se diagnostique facilement et peut se soigner. Bien la combattre, c’est d’abord mieux la connaître : et vous, êtes-vous au point sur l’arthrose ? Savez-vous comment elle se manifeste ? Comment elle se diagnostique ?Comment elle se soigne ? Quelques éléments de réponses à la suite…

 

L’articulation du genou est l’une des plus sollicitées du corps humain. Alors quand elle est défaillante, la vie devient très compliquée.Pour plier ou tendre le genou, une force doit s’exercer sur cette articulation, c’est le rôle des contractions musculaires. Tous ces éléments anatomiques permettent au genou d’être mobile, souple, résistant et capable de supporter en partie le poids du corps. Mais à la longue, les différentes pressions exercées sur le genou ou la survenue de traumatismes peuvent léser le genou. Notamment le cartilage en cas d’arthrose. Le poids du corps reparti sur les deux genoux et la présence d’une arthrose à ces niveaux entraine des manifestations invalidantes, comme des douleurs, des limitations dans nos activités quotidiennes et même l’impossibilité de pratiquer certains sports.

Le genou est une gosse articulation du corps humain qui vulgairement relie la cuisse à la jambe. Cette articulation existe grâce à certains os tels que :

  • Le fémur : principal os de cette articulation, c’est l’os se situant au niveau de la cuisse ;
  • Le tibia et la fibula : ce sont les deux os longs de la jambe ;
  • La patella anciennement appelée rotule

 

Ces trois os s’articulent entre eux pour donner deux petites articulations (la

fémoro-patellaire et la fémoro-tibiale constituant la grande articulation du genou.

La partie terminale du fémur est arrondie alors que la partie haute du tibia est presque plate, il y a donc un vide à combler. D’abord avec du cartilage qui protège les surfaces des frottements ainsi que par un coussinet appelé ménisque. Constitué à 90% d’eau, le ménisque sert essentiellement d’amortisseur aux chocs. Les os de cette articulation sont maintenus par des ligaments. La rotule, quant à elle, est maintenue en haut par le tendon du muscle de la cuisse et en bas par un autre ligament (ligament rotulien).

La gonarthrose est la cause la plus fréquente d’une douleur du genou après la cinquantaine et la plus fréquente des arthroses. Elle survient sur les 2 genoux dans 2/3 des cas. Elle est trois fois plus fréquente que l’arthrose de la hanche.

Comment se manifeste-t-elle ?

  • L’arthrose fémoro-patellaire

On en parle lorsque l’arthrose concerne l’articulation entre la patella et le fémur et se retrouve dans environ 35% des cas. Elle est généralement observée chez la femme après 40 ans et touche le plus souvent les deux genoux. On la décèle à la radio chez plus d’une femme sur 10 après 65 ans. Cette arthrose est souvent « silencieuse », c’est-à-dire qu’elle ne se manifeste pas par des symptômes.La douleur est située plutôt en avant du genou, quand la patella est mobilisée. Elle est souvent déclenchée lorsque vous descendez les escaliers, restez assis trop longtemps ou lorsque vous vous agenouillez.

  • L’arthrose fémoro-tibiale

On en parle lorsque l’articulation est atteinte entre le fémur et le tibia. On distingue même deux arthroses fémoro-tibiales : l’une, interne, lorsque c’est le compartiment interne de l’articulation fémoro-tibiale qui est atteint et l’autre, externe. La gonarthrose fémoro-tibiale est très fréquente chez la femme (deux tiers des malades) après la ménopause. La moyenne d’âge est de soixante-cinq ans.La douleur est cette fois plutôt diffuse dans le genou et survient lorsque l’articulation est sollicitée, lorsqu’en fait le fémur appuie sur le tibia, par exemple lors de la marche ou de la montée et de la descente des escaliers. Elle est soulagée par le repos, mais parfois une poussée inflammatoire peut créer une douleur qui vous réveille la nuit. Ce type d’arthrose peut également se manifester par un épanchement de synovie. C’est-à-dire que le liquide qui lubrifie l’articulation, la synovie, est produite de façon anormalement élevée.

Dans l’un ou l’autre des cas, il s’agit de l’usure du cartilage osseux du à plusieurs causes.

Les facteurs de risque

Les médecins distinguentplusieurs grands facteurs de risque à l’arthrose du genou. Il y a entre autres :

  • les anomalies congénitales de type genuvarum ou genuvalgum (jambes arquées ou en « X ») ;
  • les traumatismes (chirurgie du ménisque, rupture des ligaments croisés…) ; chez certains professionnels, les microtraumatismes répétés (carreleurs, sportifs de haut niveau qui utilisent beaucoup leur jambe d’appui…) ;
  • Le surpoids, a fortiori l’obésité, avec un effet qui n’est pas uniquement lié aux contraintes mécaniques puisque l’on retrouve d’autres localisations d’arthrose (doigts…) s’il existe un syndrome métabolique associé ;
  • Antécédents familiaux d’arthrose
  • Tension répétée exercée sur l’articulation, comme une activité physique intense
  • Blessure articulaire dans le passé
  • Le vieillissement qui rend l’articulation moins résistante.

Lorsque ce dernier facteur prédomine, l’arthrose du genou apparaît vers 60-70 ans, voire beaucoup plus, alors qu’elle peut survenir dès 30 ou 40 ans suite à une anomalie congénitale, une obésité ou un traumatisme.

Les symptômes

Les symptômes comprennent notamment :

  • Une douleur vive ou brûlante dans les articulations touchées. La douleur

peut être intense et gênante au repos, lors d’un mouvement ou pendant la nuit. Elle peut vous empêcher de dormir et rendre difficiles toutes les activités que vous désirez faire.

  • Une raideur le matin, avant que vos articulations se déraidissent.
  • Une faiblesse musculaire dans la région articulaire, en particulier en cas de

douleur associée à l’arthrose du genou.

  • Des articulations enflées qui peuvent être sensibles et douloureuses.
  • Des bruits de craquement et de grincement lorsque vous bougez.
  • Le gonflement du genou

Les articulations touchées sont généralement raides le matin; cette raideur dure de 15 à 20 minutes environ. Au fil de la journée, avec l’utilisation des articulations, la douleur et la gêne peuvent empirer. En général, le fait de reposer les articulations soulage la douleur. Bien qu’il n’existe aucun remède pour guérir l’arthrose, il y a de nombreux traitements qui contribuent à soulager la douleur et à améliorer la mobilité.

 

Le traitement

 

  • La prise en charge est d’abord non médicamenteuse. Elle consiste à :
  • lutter contre le surpoids et l’obésité quand ils existent ;
  • adapter le mode de vie du patient à sa nouvelle condition « d’arthrosique »,

en lui donnant des conseils « d’économie articulaire » (éviter le port de charges lourdes, la marche en terrain accidenté…); • faire des séances de kinésithérapie dont le principal objectif est pédagogique ; il s’agit pour le patient d’apprendre les exercices destinés à entretenir sa mobilité articulaire et à renforcer sa musculature ; une fois appris, il pourra les faire seul ;

  • envisager selon les préférences du patient son programme d’activité

physique, les sports à privilégier, en dehors des poussées, sont ceux qui renforcent les muscles des cuisses et mobilisent l’articulation sans à-coups, typiquement le cyclisme en « moulinant » et avec une selle haute, la marche sur terrain plat et régulier, le golf, la natation, les sports de glisse…A l’inverse, les sports de piste ( tenniscourse à piedathlétisme…) ou de combat sont déconseillés;

  • recourir aux « aides techniques » quand elles s’avèrent nécessaires (semelles

orthopédiques, genouillères, canne de marche…).

  • Ces mesures étant mises en route, le recours aux médicaments est envisagé seulement si :
  • douleur (antalgiques et, de préférence, le paracétamol pour sa bonne tolérance) ;
  • poussée aiguë (anti-inflammatoires non stéroïdiens en cures courtes, injection intra-articulaire de corticoïdes) ;
  • chronicité (anti-arthrosiques symptomatiques d’action lente ; injection intra-articulaire d’acide hyaluronique)…

 

  • La chirurgie n’est pas toujours envisagée sauf en dernier recours. La chirurgie

est indiquée de façon préventive et suffisamment tôt quand l’arthrose se manifeste sur des genoux désaxés (genoux en X ou en parenthèses). La réaxation du genou permet de retarder de 10 à 12 ans la mise en place d’une prothèse. La prothèse de genou est réservée aux patients dont la douleur n’est plus calmée par les médicaments habituels et dont les images d’arthrose sont très évoluées sur les radiographies.

Ceci dit, les douleurs au genou ne sont pas à négliger. Une fois ressentie, il est conseillé de se rendre chez un médecin pour se faire consulter afin d’éviter toutes déconvenues.

 

Isaac CHABI / Kinésithérapeute

 

Tags : arthrosegenouGonarthrose
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