Santé

Que faire en cas d’entorse de la cheville ?

Commençons par un peu d’anatomie…

La cheville est l’articulation située entre la jambe et le pied. Il s’agit de la partie du corps sur laquelle tout repose et elle nous maintient en équilibre quand nous marchons, courons ou sautons. Il est donc essentiel de préserver cette articulation si l’on veut rester debout. Les os qui entrent en contact dans l’articulation de la cheville sont au nombre de 3 :

  • L’extrémité inférieure du tibia qui s’élargit pour former le pilon tibial et se prolonger en dedans par la malléole interne ;
  • L’extrémité inférieure du péroné (fibula) réalise la malléole externe de la cheville que l’on perçoit directement sous la peau.
  • L’astragale (talus) ; quand nous sautons et que nous retombons sur un seul pied, l’astragale supporte une pression d’une tonne.

Le tibia est articulé par sa face inférieure et par la face externe de la malléole interne avec l’astragale et ces zones sont recouvertes de cartilage. Sur son bord interne il est en contact avec le péroné auquel il est attaché par de solides ligaments. L’extrémité inférieure du péroné quant à elle,s’articule avec le tibia au niveau de l’articulation tibio-fibulaire inférieure.

La pince bimalléolaire (les 2 malléoles internes et externes) réalise avec le pilon tibial une pince qui vient enserrer le dôme de l’astragale.

Très solides, ces articulations fonctionnent à la manière d’une charnière quand nous effectuons un pas, supportant près du double du poids de notre corps en position debout et jusqu’à huit fois plus le poids de notre corps pendant la course. Le maintien de ces os précités est assuré par des ligaments qui ont également pour rôle de soutenir les muscles ainsi que les tissus. La cheville étant soumise à de nombreuses tensions lors des mouvements, elle subit des lésions qui peuvent aussi bien toucher les ligaments, les tendons, les muscles et même les os.

Ainsi donc, les composantes du ligament latéral interne (ligament tibio naviculaire, ligament tibio calcanéen, ligament tibio talaire antérieur, ligament tibio talaire postérieur) maintiennent les os entre eux du côté médial de l’articulation et les composantes du ligament latéral (ligament talo-fibulaire antérieur, postérieur et calcanéo-fibulaire) du côté latéral de l’articulation.

Les muscles ont un rôle très important dans la stabilité de la cheville et participent également aux mouvements spécifiques du pied. La cheville ne permet que deux sortes de mouvements : la flexion dorsale (qui attire le dos du pied vers la face antérieure de la jambe) et la flexion plantaire (l’extension), qui éloigne le dos du pied de la face antérieure de la jambe. Associer à ces mouvements, on peut ajouter les

mouvements effectués au niveau du pied que sont l’inversion et l’éversion.

La cheville est apte à encaisser d’importants chocs dus à des accidents ou des blessures pouvant survenir au fil du temps. Néanmoins, quand ces accidents surviennent, ils peuvent être à l’origine de modifications dans la manière de fonctionner de la cheville. Ainsi, même si la blessure ne touche qu’une petite partie de la cheville, l’articulation

entière peut en souffrir et il peut s’en suivre une douleur de la cheville; cette douleur peut limiter l’individu dans sa vie quotidienne. C’est le cas de l’entorse de la cheville.

Entorse de la cheville…

   L’entorse de la cheville est un traumatisme très fréquent. Elle peut survenir lors de la pratique d’un sport ou simplement lors des activités de la vie quotidienne lorsque généralement le pied tourne vers l’intérieur (éversion brusque et forcée), on parle de ‘‘faux pas’’. 90% des entorses de la cheville sont des entorses externes. Il s’agit de la lésion d’un ou plusieurs ligaments qui entourent l’articulation. La lésion du ligament touché va d’un simple étirement (entorse bénigne) à la rupture totale (entorse grave), en passant par

la déchirure de quelques faisceaux (entorse de gravité moyenne). L’entorse bénigne est aussi appelée « foulure ». L’entorse est différente de la luxation qui implique le déplacement osseux dans l’articulation. Mais il ne faut cependant pas la négliger, en raison des possibles récidives. En effet, elles peuvent causer des douleurs intenses, le gonflement, la décoloration et le manque de mobilité. Les ligaments des articulations guérissent rapidement et une entorse ne nécessite généralement pas de chirurgie ou autre traitement médical intense. Cependant, il est important de traiter correctement l’entorse en utilisant les techniques de premiers soins ou secourisme pour pouvoir guérir plus rapidement.

Premiers gestes en cas d’entorse…

En premier lieu il faut mettre en place le protocole RICE.

  • Rest
  • Ice
  • Compression
  • Elévation

 

  • Rest (immobilisation)

   Faites reposer la cheville atteinte en cessant de l’utiliser, sauf si cela est absolument nécessaire. Le repos est essentiel au processus de guérison et pour éviter des douleurs non nécessaires provenant de la lésion. Si vous devez absolument utiliser cette articulation (par exemple pour marcher), faites-le avec prudence et à l’aide de supports supplémentaires (des béquilles).

 

  • Ice (glacage)

   Appliquez la glace sur la zone affectée le plus vite possible. À l’aide d’un bloc de glace ou d’une compresse glacée, exercez une pression sur la zone atteinte pendant au moins trois jours jusqu’à ce que l’enflure diminue.

  • Utilisez n’importe quel type de compresse glacée telle que les glaçons dans un sachet plastique, les blocs réfrigérants chimiques réutilisables, une serviette glacée ou même des sachets de légumes congelés au besoin.
  • Administrez le traitement à la glace si possible au cours des 30 minutes suivant la lésion.
  • N’appliquez pas la glace directement sur la peau – utilisez une serviette ou une étoffe pour protéger les tissus de votre peau.
  • Réappliquez la glace ou la compresse glacée toutes les 20 à 30 minutes tout au long de la journée.
  • Enlevez le bloc de glace ou la compresse glacée après chaque traitement pour permettre à la peau de reprendre sa température normale avant de procéder à la prochaine application de la glace.
  • Appliquez le bloc de glace ou la compresse glacée assez longtemps pour ressentir une douleur et un léger engourdissement. Cela peut prendre 15 à 20 minutes et cette application permettra de réduire les douleurs.

 

  • Compression (bandage)

   Comprimez l’entorse avec un bandage ou un pansement dans la position normale du pied. Cela maintiendra la zone atteinte protégée et ferme.

  • Enveloppez l’articulation fermement, mais pas de manière très serrée afin d’éviter que le membre s’engourdisse ou que vous ressentiez des picotements.
  • Cherchez des bandages ou pansements élastiques pour assurer une meilleure fermeté et flexibilité.
  • Prenez si possible un ruban athlétique adhésif comme solution de substitution aux bandages.
  • Demandez l’avis de votre médecin ou pharmacien si vous n’êtes pas sûr du type de pansement que vous devez utiliser ni de la façon de le faire.
  • Utilisez une orthèse pour chevilles, laquelle peut s’avérer plus efficace qu’un simple bandage ou pansement

 

  • Elévation

 

   Tout en étant couché, élevez l’articulation atteinte d’entorse si possible au-dessus de votre poitrine. L’élévation permet de réduire le gonflement. Essayez de maintenir la zone affectée soulevée pendant 2 à 3 heures chaque jour.

  • Asseyez-vous ou allongez-vous avec le genou ou la cheville atteinte surélevée devant vous et posée sur un coussin.
  • Dormez en surélevant votre jambe et en la posant sur un ou deux cousins si vous le pouvez.
  • Soulevez la cheville au même niveau que la poitrine si vous ne pouvez pas aller au-delà.
  • Assurez-vous que vous ne ressentez aucune sensation d’engourdissement ni de picotements, auquel cas vous devez repositionner la cheville concernée. Consultez un médecin si vous continuez à ressentir ces sensations.

 

NB : Toute application de chaleur et tout massage sont formellement proscrits. Le massage, et même la palpation, risque d’augmenter la douleur, d’aggraver les lésions et de provoquer une hémorragie.

 

   En second lieu, il s’agit du traitement médicamenteux. Consultez un médecin ou un pharmacien pour connaitre le produit qui vous convient le mieux et pour avoir une idée plus précise sur les dosages. Prenez connaissance d’éventuels effets indésirables causés par ces analgésiques et associez la prise aux étapes de la thérapie RICE.

 

   En troisième lieu, si l’état de la lésion ne s’améliore pas après 72 heures ou si vous subissez les symptômes de l’os brisé, vous devez consulter un médecin à propos. . Toute condition qui semble aller au-delà d’une simple entorse devrait être examinée par un professionnel médical et nécessite les examens adéquats.

  • Demandez une assistance médicale si vous n’arrivez pas à poser un objet sur le membre affecté, car cela peut être le signe d’une entorse particulièrement sérieuse ou d’un os brisé.
  • Ne cherchez pas à diagnostiquer la lésion vous-même.
  • Recherchez les conseils médicaux pour éviter de prolonger les douleurs ou de provoquer plus de lésions causées par l’entorse originelle.
  • N’essayez pas d’endurer le mal tout seul. Ne prenez pas ce risque si l’entorse vous parait très grave.

 

La reprise des activités habituelles se fait de façon progressive. Le kinésithérapeute, spécialiste de la rééducation fonctionnelle est en mesure de vous accompagner à travers la lutte contre la douleur, les mobilisations appropriées, des exercices de renforcement, des exercices de proprioception, des exercices d’équilibre… pour favoriser la récupération de même que la réduction des risques de récidive. Ces différentes étapes enrichit de plusieurs exercices, aident les ligaments à retrouver toute leur capacité, diminuent la raideur et renforcent la musculature qui s’est naturellement atrophiée par la limitation des activités. Le kinésithérapeute est aussi en mesure de suggérer quelques exercices adaptés, à pratiquer chez soi pour accélérer le processus de récupération.

La chirurgie est parfois envisagée en cas d’entorse grave, surtout chez les personnes qui utilisent l’articulation endommagée de façon intensive, comme les athlètes, ou en cas d’instabilité persistante de l’articulation.

 

 Isaac CHABI / kinésithérapeute

 

Tags : chevilleentorsekynésithérapiesante
By Redaction

The author By Redaction

Leave a Response