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Face au trafic de faux médicaments au Bénin !

Chaque année, des dizaines de personnes meurent chaque année de l’usage des faux médicaments. Communément appelés ici les ‘’ médicaments de la rue ‘’, ces produits pour la plupart d’origine douteuse ou inconnue, contrefaits et sans aucun contrôle demeure un trafic qui dans l’informel génère de gros revenus. Cette question est restée d’actualité au Bénin, avec la nouvelle qui a  défrayé la chronique sur le trafic orchestré par un éminent membre de scène politique et des affaires du Bénin. Par cette mise en cause du Député, Atao HINNOUHO, des perquisitions et saisies au marché international DANTOKPA avait été effectué par les autorités, occasionnant une grande polémique.

Au BENIN, le trafic de faux médicaments reste un sujet d’actualité. Et ce surtout après la mise en cause du Député Atao HINNOUHO. Cette mise en cause, les perquisitions et saisies au marché international DANTOKPA avec pour conséquence « la mise en veille » du trafic sont les manifestations de l’impact de la lutte contre le trafic de faux médicaments au BENIN.

Malgré le grand concours de l’Ordre des Pharmaciens et des autorités en matière santé, la lutte contre le trafic des faux médicaments est confrontée à des réels problèmes de taille, entre un lobby illicite, puissant, secret et un pouvoir permissible.

Un trafic extrêmement lucratif!

Un médicament est très long et très couteux à développer, mais son apparence est relativement facile à produire (hors principe actif et sans les multiples précautions sanitaires et les contrôles permanents de sa qualité).

Cette particularité explique en partie pourquoi le médicament bénéficie d’un droit de propriété industrielle spécifique protégeant ses brevets sur de longues périodes. Malheureusement, elle explique également en partie pourquoi elle fait l’objet: produire un médicament falsifié ayant seulement les apparences du vrai est extrêmement facile et rentable.

  • Selon Jean-François DEHECQ, ex-PDG de SANOFI-AVENTIS : « 95% de la valeur d’un médicament rémunèrent la matière grise qui a permis son élaboration ».
  • La contrefaçon d’un Blockbuster génère un bénéfice de 275.000 .000 F CFA pour un investissement initiale de 550.000 F CFA (source FIIM).
  • Cout des investissements industriels réalisés par certains réseaux de contrefacteurs : de 196.500.000 F CFA à 393.000.000 F CFA pour une ligne de production de matière plastique ( Rapport UNIFAB « Contrefaçon et crime organisé »).

Ça en est un des nombreux facteurs qui favorisent ce trafic criminel. Mais que dit la loi ?

Des risques pénaux trop faibles!

La plupart des pays ne disposent pas de lois assorties de peines suffisamment lourdes pour dissuader les contrefacteurs de médicaments.

Pour beaucoup, l’appareil législatif traite la contrefaçon de médicaments comme toute autre forme de contrefaçon, c’est-à-dire par le biais exclusif de la violation de la propriété industrielle.

Les peines encourues pour la falsification de médicaments sont souvent équivalentes à celles auxquelles un délinquant s’expose pour contrefaçon de T-shirts, de DVD ou de sacs à main de marques.

D’autres pays disposent des lois suffisantes et adaptées (environ 20% selon OMS), mais ne les appliquent pas correctement.

  • 30% des pays disposent d’une réglementation faible ou inexistante pour faire face à la contrefaçon de médicaments (OMS).
  • «  Les petits criminels mais spécialement le crime organisé ont identifié( la contrefaçon de vrai médicaments) comme un moyen de faire beaucoup d’argent avec des risques pénaux inférieurs à ceux encourus pour trafic de cocaïne, de crack ou de l’héroïne ». Lewis KONTNICK ‘’ Reconnaissance International’’, firme américaine de consultants qui travaille sur les questions de contrefaçon.

A ce facteur s’ajoute la pauvreté et la déficience/absence de couverture sociale.

Lorsque que le cout d’un médicament est trop élevé pour le patient, la tentation de chercher à se procurer à faible cout et par tous les moyens est grande.

Un tel comportement incite le patient à prendre des risques inconsidérés pour sa santé.

Ainsi dans  pays en voie de développement comme le nôtre, l’intensité du trafic de faux médicaments est le plus souvent symptomatique de pauvreté.

A tous ces facteurs s’ajoutent de nombreux d’autres non négligeable :

  • Une grande porosité des frontières ;
  • L’anonymat d’internet ;
  • Des chaines d’approvisionnement vulnérables ;
  • Les possibilités d’importation parallèles ;
  • La corruption ;
  • La pénurie de médicaments et prix trop élevé
  • .etc

En égard à tous ces facteurs et aux récents événements, on peut comprendre que malgré l’engagement de l’Etat Béninois à accompagner les organisations de la société civile dans cette lutte ; il reste beaucoup à faire afin d’atteindre vraiment le noyau de ce fléau aux nombreux facteurs.

H. Dumas
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