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Entre vous et Moi Dr Kokou AFOGBE

Vous êtes l’un des acteurs de santé les plus connus, mais également le plus discret au Bénin. Pharmacien, Directeur Général de la (CAME), Dites-nous le secteur de la santé, es-ce une histoire de famille ?  Comment en êtes-vous arrivé là ?

Je vous remercie, Madame, pour l’opportunité que vous m’offrez de parler de la CAME (plutôt que de moi)  à vos lecteurs.

Oui je suis Pharmacien Directeur Général de la CAME après en avoir été Directeur Général Adjoint.

Une affaire de famille ? Non. C’est plutôt  exceptionnel car c’est la seule et unique aventure dans la famille. Je suis enfant de paysans et je n’ai ni frère ou sœur ayant embrassé une profession dans le secteur de la santé. De même aucun de mes enfants n’est intéressé pour le moment par cette profession pourtant noble. Je n’ai pas eu d’inspirateur au niveau familial et je n’ai réussi à inspirer personne jusqu’à nouvel ordre dans ma famille.

J’ai toujours aimé la médecine et tout ce qui touche à la santé depuis l’école primaire. Cela est sans doute dû à l’admiration que suscitait en moi les infirmiers en blouse blanche qui étaient l’un des rares fonctionnaires dans le village et le respect que leur vouait toute la population.

Quel rôle joue la CAME (Centrale d’Achat de Médicaments Essentiels et Consommables Médicaux) ?

La CAME est la structure nationale chargée d’approvisionner en produits médicaux essentiels de qualité les  établissements publics de soins, les programmes nationaux de santé ainsi que les formations sanitaires privées à but non lucratif à un coût accessible aux populations. A ce titre elle exécute la composante ‘’approvisionnement’’ de la Politique Pharmaceutique Nationale, élément essentiel de la Politique sanitaire Nationale définie par le Gouvernement au service des populations.

La CAME assure donc la disponibilité des médicaments essentiels sous nom générique sur l’ensemble du territoire national, gère pour le compte des Partenaires techniques et Financiers qui appuient le secteur de la santé l’achat, le stockage et la distribution des produits médicaux que ces Partenaires offrent à notre pays pour la prise en charge des problèmes de santé des populations béninoises.

Vous avez mené la lutte contre les faux médicaux. Que peut-on retenir de vos actions ?

Plus exactement le Gouvernement a déclaré la guerre aux faux médicaments. La CAME entant qu’instrument de la Politique Sanitaire du Gouvernement au service de la santé des populations, contribue de façon appréciable aux différentes phases de cette lutte salvatrice. Notre contribution consiste à :

  • appuyer financièrement les actions d’information et de sensibilisation des consommateurs déployées par le Ministère de la Santé ;
  • rendre disponibles, au niveau du circuit officiel de distribution, les produits médicaux de qualité à un prix accessible ;
  • soutenir financièrement la conduite de l’opération Pangéa 9 de ramassage des faux médicaments sur l’ensemble du territoire nationale.

Il s’agit d’une lutte permanente, mondiale et radicale dans l’intérêt de la santé des populations. La lutte continue donc.

Parle-t-on  encore des faux médicaments de la même manière en 2 017 ?

Forcément non. A la suite de la guerre déclarée aux trafiquants de faux médicaments, ceux-ci ont disparu des étalages de nos marchés et les acteurs de ce trafic se font plus discrets s’ils n’ont pas purement et simplement eux-mêmes disparu. Et si la détermination affichée par le Gouvernement actuel d’éradiquer ce fléau se poursuit (comme on peut l’espérer), on peut raisonnablement imaginer que d’ici la fin du quinquennat en cours, le phénomène des faux médicaments sur nos marchés pourrait disparaître.

Le pharmacien a son rôle à jouer ?

Absolument OUI. Aucune lutte ne peut se mener avec succès contre les faux médicaments sans la participation totale et entière de ces acteurs majeurs de la santé que sont les Pharmaciens. Le médicament est un produit de monopole dont le détenteur légal est le Pharmacien.

Il est le seul habilité à l’importer, à le détenir et à le distribuer. Le Pharmacien est conscient de sa grande responsabilité et l’éradication des faux médicaments est dans son intérêt à tout point de vue. Le Pharmacien est l’allié naturel des autorités dans la lutte contre les faux médicaments.

Qu’elle devrait  être le rapport entre le pharmacien et son patient ?

Dans un système de santé bien organisé, le premier interlocuteur du malade est le médecin ou ses auxiliaires (infirmiers, sages-femmes) qui examinent le patient, posent le diagnostic et prescrivent, s’ils le jugent nécessaire, les médicaments via l’ordonnance que le patient présentera au pharmacien pour se faire délivrer les médicaments prescrits. C’est à ce moment qu’un rapport s’établit entre le patient et le malade. Ce rapport devrait être courtois, rassurant et de confiance et géré avec assez de délicatesse. Le Pharmacien devra, s’il juge la prescription pertinente, délivrer les médicaments au patient en lui expliquant les modalités de prise de chaque médicament et en lui prodiguant les conseils utiles pour l’observance correcte de l’ordonnance.

Êtes-vous confiant devant les avancées de la médecine ?

 Oui, tout à fait confiant et rassuré. La recherche scientifique et technologique a fait des avancées extraordinaires au cours des 3 dernières décennies notamment dans le domaine de la thérapeutique. Les nouvelles techniques d’investigation médicale, la robotique appliquée à la médecine, la miniaturisation des instruments ayant favorisé la microchirurgie, la télémédecine, les innovations médico-pharmaceutiques,  etc. sont autant de prouesses dans le domaine de la connaissance au profit de la santé humaine qui fondent l’espoir et rassurent que grâce à la médecine d’aujourd’hui et de demain l’Homme vit et vivra mieux et plus longtemps.

Certains Béninois sont méfiants vis-à-vis de l’efficacité des médicaments   génériques ; que diriez-vous pour les rassurer ?

Le médicament sous nom générique est d’abord et avant tout un médicament. A ce titre il est fabriqué, stocké et délivré dans les conditions qui en garantissent l’efficacité, la sécurité et l’innocuité. Si ces exigences qui sont exactement les mêmes qu’il s’agisse d’un générique ou d’une spécialité sont respectées, le médicament générique acheté dans le circuit officiel de vente donnera exactement les mêmes résultats que la spécialité pharmaceutique.

Les Béninois peuvent être rassurés que les médicaments génériques distribués par la CAME sont des produits de qualité et aussi efficaces que les médicaments de marque.

Que pensez-vous du système de santé ?

Le système de santé de notre pays s’est beaucoup amélioré depuis l’indépendance. Beaucoup de réformes ont été opérées pour le rendre plus performant et surtout plus accessible aux populations. L’actuel Gouvernement s’est très tôt préoccupé de l’efficacité de notre système de santé et a mis en place une Commission d’éminents praticiens de la santé (dont la CAME est membre) pour lui proposer des réformes dont la mise en œuvre permettrait d’aller encore plus loin dans le sens d’une plus grande efficacité.

Les populations peuvent faire confiance à notre système de santé et au personnel qui l’anime.

Avez-vous une hygiène alimentaire précise ?

Là aussi je m’efforce à respecter les règles élémentaires d’hygiène alimentaire dans les conditions de vie, de travail et d’alimentation de l’Homme du 21ème siècle. Lorsque cela est possible, on mange moins gras, moins salé et moins sucré et avec beaucoup de fruits et de légumes. En tout cas je vous le recommande

Que faites-vous pour garder la forme ?

Essayer d’éviter le stress. Une hygiène alimentaire et de vie saine. La pratique quotidienne du sport pourtant très utile reste une quête difficile. Pour le reste, Dieu s’en charge.

 Si l’on vous remettait une baguette magique, quelle maladie souhaiteriez-vous éradiquer du monde?

Je ne crois pas vraiment à la magie, Madame. Mais si par enchantement je disposais d’une telle baguette qui ne pourrait éradiquer hélas qu’une seule maladie, sans hésiter je ferais disparaitre à jamais le PALUDISME. Cette maladie est en effet la première cause de morbidité et de mortalité au Bénin et dans les pays en voie de développement.

  Quel est le secret de votre longévité professionnelle ?

Voyez-vous Madame j’ai le même âge professionnel que tous les cadres de ma génération. Je suppose que vous parlez du temps de ma présence à la CAME et à mon poste de DG de la CAME. Aucun secret si ce n’est celui d’accomplir le plus loyalement et le plus efficacement possible la mission que le Gouvernement nous a confiée. Sous l’autorité du Ministre de la Santé et suivant les instructions du Comité de Gestion, mes collègues et moi essayons de suivre rigoureusement les orientations définies, de réaliser les performations attendues de la CAME pour mettre à la disposition des populations de notre pays des produits médicaux de qualité et financièrement accessibles en garantissant une transparence parfaite des opérations.

J’essaye de mériter de la confiance de mes employeurs et de traduire en actes mes ambitions pour une CAME prospère et performante au service des populations

Tags : camepharmaciesante
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